En tant que professionnel de l’image, j’ai besoin d’une machine capable d’encaisser durablement la charge de travail de gros et longs projets vidéo, mais aussi de m’accompagner pendant de longues années.
Le projet sur lequel je travaille actuellement implique l’utilisation en parallèle d’After Effects, DaVinci Resolve et Affinity. Si mon vaillant MacBook Pro M1 Pro, équipé de 16 Go de RAM, tenait encore largement la route, je commençais, et lui aussi, à me sentir sérieusement à l’étroit : l’utilisation ram grimpait régulièrement jusqu’à 86 %, accompagnée de plusieurs gigaoctets de swap disque.
Il devenait donc nécessaire de changer de machine et d’investir dans un nouvel outil de travail.
Mon choix s’est ainsi porté sur un MacBook Pro M5 Pro…
Mais d’autres facteurs m’ont aussi poussé à acheter cette nouvelle machine :
Tout d’abord, la Rampocalypse. Nous sommes en juillet 2026 et les prévisions concernant le prix des composants, de la RAM, des SSD et même des processeurs ne sont vraiment pas bonnes. Même après l’annus horribilis 2025, demain risque d’être encore pire qu’aujourd’hui.
Les rumeurs de nouvelles machines Apple : MacBook Pro Ultra, plus fin, avec écran tactile et nouveau design… Non seulement ces changements ne m’intéressent pas, mais je les trouve aussi risqués : quand on voit ce que le redesign d’Apple peut donner avec le Liquid Glass… on peut être inquiet. De surcroît, ces changements ne sont certainement pas synonymes de baisse de prix, bien au contraire…
J’ai donc voulu sécuriser mon outil de production avec un châssis que je connais, solide, fonctionnel et éprouvé : tous les ports nécessaires sont présents, et son épaisseur aide au refroidissement. Le format parfait que je voulais pour une machine de travail portable ( abstraction faite du « notch » )…
C’est une décision d’achat que j’ai repoussée plusieurs fois ( je n’ai pas l’habitude de donner autant d’argent à Apple, la dernière fois que j’ai acheté un ordinateur neuf, c’était en… 2012 ; depuis, je n’avais eu que des machines d’occasion ), si bien que je me suis fait avoir en juin dernier par l’augmentation des prix, que je savais pourtant arriver.
J’ai donc guetté l’arrivée de la configuration qui m’intéressait sur le Refurb Store officiel d’Apple. Pour info, les M5 Pro n’étaient pas encore disponibles en reconditionné avant l’augmentation des prix de juin 2026. Finalement, à force de patience, j’ai eu la chance de pouvoir acquérir un magnifique MacBook Pro 14 pouces M5 Pro, CPU 18 cœurs, GPU 20 cœurs, SSD de 1 To et 48 Go de RAM… au prix du neuf d’avant l’augmentation, si vous me suivez.
Pour info, cette config a subi une augmentation de 610 € ! (Plus de RAM = plus cher…) Je suis donc très content d’avoir pu trouver cette machine à l’ancien prix ( il était de toute façon hors de question de la payer plus cher ) …
Je ne suis pas dupe pour autant : je me suis quand même fait avoir par la hausse des prix. Apple vend des machines sur le Refurb qui contiennent de la RAM achetée avant la dernière flambée des cours. Apple aurait pu absorber une partie de la hausse… Cette vidéo l’explique très bien.
Hélas, les prix ne semblent pas près de redescendre et acheter une machine risque de devenir vraiment difficile dans les mois à venir… Le tout est de payer le moins cher possible.
Puissance et gloire
Ce MacBook Pro me semble surpuissant. Un simple usage du Finder me fait déjà l’effet d’une fusée. Petit bémol toutefois : j’ai dû passer à macOS « VisTahoe », l’OS natif du M5 Pro… mais j’ai vite trouvé comment réduire la transparence et redresser les bords trop arrondis des fenêtres. De quoi tenir quelques mois avant macOS 27, qui devrait corriger certaines dérives d’interface et assainir l’OS. (Par contre, impossible de changer l’immonde nouvelle icône du Finder, c’est bien dommage…)
Pour réduire la transparence, la méthode radicale est d’aller dans les Réglages Système / Accessibilité / Affichage, et de cocher : Réduire la transparence. Pour les bords arrondis, j’ai utilisé TinkerTool. OnyX le propose aussi, et il existe aujourd’hui d’autres méthodes.
Avec une telle machine entre les mains, je ne pouvais que m’amuser à faire quelques benchmarks.
« Mais WTF, Internet est déjà tout plein de benchmarks concernant les M5 Pro dans tous les sens », me direz-vous… et vous avez raison, mais certainement pas ceux-là. 🙂
Pour quelques benchmarks de plus
**MacBook Pro M5 Pro 48 Go vs M1 Pro 16 Go vs Mac Pro 2010 56 Go RX6600 XT**
Eh oui, quoi de plus drôle que de comparer ma dernière machine en date, cuvée 2026, avec mon infatigable Mac Pro Cheesegrater de 2010, son Xeon 3,33 GHz, ses 56 Go de RAM et surtout sa RX6600 XT 8 Go…
Un petit exercice amusant qui me rappelle le plaisir que j’avais de visiter Barefeats.com à la sortie de chaque nouveau Mac. Une pensée pour Robert Arthur “Rob ART” Morgan.
Pour ce faire, j’ai ressorti un vieux logiciel que j’adore et qui a l’énorme avantage, et même le privilège, de fonctionner sur Monterey, Sequoia, Tahoe, Windows et Linux : Unigine Valley !



Non seulement il tourne, mais en plus il est beau.
Les résultats :
Le M5 Pro obtient un score de 2080 avec 49 fps de moyenne ( Min 14 / Max 86 fps ).
Le Mac Pro avec Monterey obtient un score de 2342 avec 56 fps de moyenne ( Min 8 / Max 91 fps ).
Le Mac Pro avec Windows 10 obtient un score de 2631 avec 62 fps de moyenne ( Min 20 / Max 131 fps ).
J’inclus ici mon M1 Pro qui obtient un score de 1646 avec 39 fps de moyenne ( Min 8 / Max 66 fps ).
J’en ai aussi profité pour faire une passe de Cinebench.
Attention toutefois : j’ai dû utiliser différentes versions de Cinebench, tout simplement parce qu’il m’a été impossible d’en trouver une seule capable de tourner sur les quatre systèmes. Comme quoi, Unigine Valley a encore un sacré avantage : lui, il tourne partout. 🙂
MacBook Pro M5 Pro – Mac OS 26.6 Tahoe – Cinebench 2026
GPU 53020 pts
CPU Multi Threads 7241 pts
CPU Single Thread 710 pts
Mac Pro 2010 – Mac OS 12.7.6 Monterey – Cinebench 2024
GPU 3689 pts
CPU Multi Threads 296 pts
CPU Single Thread 41 pts
Mac Pro 2010 – Windows 10 – Cinebench R23
CPU Multi Threads 4039 pts
CPU Single Thread 541 pts
MacBook Pro M1 Pro – Mac OS 15.7.7 Sequoia – Cinebench 2026
GPU 10573 pts
CPU Multi Threads 3327 pts
CPU Single Thread 435 pts
Alors oui, on est bien d’accord, ce ne sont pas les derniers benchmarks scientifiques de feu Hardware.fr. Mais ce qu’on voit est quand même très instructif et très étonnant. Bien sûr, le Mac Pro est totalement ATOMISÉ en processeur par le M1 Pro et le M5 Pro, mais il fait front et peut même l’emporter en puissance GPU !
Sur Unigine Valley, c’est assez incroyable : le Mac Pro 2010 + RX 6600 XT bat le M5 Pro.
Sous Monterey, il fait 2342 contre 2080, soit environ +13 %, avec 56 fps contre 49.
Et sous Windows 10, il monte à 2631, soit environ +26 %, avec 62 fps contre 49. Le plus intéressant est même que le même Mac Pro gagne environ 12 % en passant de Monterey à Windows. Un comble !
Cinebench raconte en revanche une autre histoire. Côté processeur, le M5 Pro écrase évidemment le vieux Xeon et surclasse nettement le M1 Pro. Plus étonnant encore : en Single Thread, il se permet même de passer devant le M4 Max et le M3 Ultra !
Côté GPU, le M5 Pro colle également une énorme claque au M1 Pro : 53020 points contre 10573.
Le Mac Pro 2010 est le maître de l’upgrade. S’il atteint aujourd’hui son plafond, c’est une véritable leçon de longévité matérielle qu’il nous donne. Dire que j’ai acheté ce Mac Pro en 2011. Laissez-moi l’écrire une deuxième fois, pour bien réaliser ce que je suis en train de dire : j’ai acheté ce Mac Pro en 2011 ! C’est donc une machine qui a quinze ans, que j’utilise encore aujourd’hui et qui peut se montrer plus puissante en GPU que le MacBook Pro M5 Pro cuvée 2026 que je viens d’acheter. C’est quand même incroyable.

Ces deux machines sont vraiment les symboles de deux époques différentes. D’un côté, le MacBook Pro M5 Pro 14 pouces, avec une puissance de station de travail dans un super format compact, mais sans aucune possibilité d’upgrade : ni RAM ni disque. Une aberration. De l’autre, le Mac Pro 2010, champion de l’upgradabilité et de la réparabilité. Ce Mac Pro est d’ailleurs encore aujourd’hui une station de montage DaVinci tout à fait capable, même s’il est désormais surtout cantonné à la gestion des sauvegardes grâce à ses nombreux disques internes, et au jeu sous Windows 10. Sa principale limitation est devenue logicielle : dans son état actuel, il reste bloqué sur macOS Monterey, mais il peut encore pleinement s’exprimer sous Windows ou Linux.
Aujourd’hui, le MacBook Pro est ma station de travail principale, branché à un écran sur le bureau ou utilisé en nomade. Je n’ai plus besoin que d’un seul ordinateur là où j’avais auparavant une station et un portable. On gagne d’un côté, on perd de l’autre…
De quoi méditer, alors que la gamme Mac Pro a disparu cette année. De quoi réfléchir à notre usage du matériel et à ce qu’on cherche à nous vendre aujourd’hui…
Passée la joie procurée par une nouvelle machine et sa puissance toute contemporaine, je m’interroge. Qu’en sera-t-il de ce MacBook Pro M5 Pro dans quinze ans ?
